“Mais à quoi je sers”, dit Clov.
“….Tu sers à me donner la réplique”, lui répond Hamm.
Après nous avoir donné “En attendant Godot” en 2006, Jacques Leblanc, comédien et directeur artistique du Théâtre de la Bordée de Québec, avait envie de revisiter l’univers de Beckett pour nous. Jusqu’au 11 février 2012, au Théâtre de la Bordée de Québec, est présentée la pièce FIN DE PARTIE (Endgame) de Samuel Beckett.
Dès l’ouverture du rideau, nous sommes plongés dans un monde fermé – un bunker, le sous-sol d’une maison désaffectée – où Hamm, un homme aveugle et handicapé, maltraite son serviteur, Clov. Ils vivent de leur routine en s’entretenant sur la fin du monde dans un langage purement Beckett. “Est-ce que naturellement vous m’aimez? Oui, je vous aime, naturellement.”
La mise en scène de Lorraine Côté sert l’oeuvre de Beckett parfaitement en se penchant fortement sur la ponctuation du texte. Les points, les virgules et les points de suspension deviennent alors la clé de l’interprétation et du sens, si accessible soit-il. Il y a quelques longueurs dues au texte, et non aux comédiens. Ambiance sonore à l’appui, la scénographie est simple mais superbe.
Le comédien Hughes Frenette, en Clov, est impeccable et juste, mais la performance du comédien Jacques Leblanc en Hamm, le vieil homme aigri, est absolument spectaculaire. Malgré la complexité du texte, Leblanc réussit à donner un master class en interprétation, et les autres comédiens servent à lui donner la réplique, de belle façon.
Jusqu’au 11 février
Théâtre de la Bordée de Québec – FIN DE PARTIE de Samuel Beckett
bordee.qc.ca – 418 694-9721
photo: Nicolas Tondreau


