Par Isabelle Giroux, comédienne
J’ai toujours de la difficulté à aller voir des spectacles… pas que je n’aime pas aller en voir, au contraire; bon ou mauvais j’apprécie toujours l’expérience! Mais voilà que je suis toujours énormément critique… d’où la difficulté d’aller voir des spectacles sur un ton bonnasse, surtout si je connais des gens sur scène…
J’avais entendu parler du "Blues d’la Métropole" bon nombre de fois, mais je ne l’avais jamais vu encore! Et bien hier, l’opportunité a frappé à ma porte, et je me suis rendu au Théâtre St-Denis, à la première médiatique. Assise au parterre, je me préparais à me faire "entertainer" par cette pièce de catégorie théâtre musical.
Du théâtre musical doit être basé sur une histoire qui a un bon début, un dénouement et une fin. Les chansons quant à elles ne viennent que servir à l’histoire, au moment où le personnage ne peut plus s’exprimer en mot, mais SANS l’annoncer, se met à chanter! Cette même chanson fait aussi avancer la dite histoire… Puis les chanteurs et danseurs et acteurs, dit "triple threat", forment un tout pour faire avancer le fil des choses.
Maintenant, un spectacle musical tant qu’à moi, a plus de libertés. Le livret/l’histoire n’a pas nécessairement sa raison de vivre: c’est plutôt un prétexte pour amener des chansons connues dans un même spectacle avec une certaine originalité visuelle! Et ce n’est PAS mal en soit, et ça peut être très bon!!! Les chanteurs, les danseurs et les acteurs travaillent tous dans le même sens: divertir le public!
Mais voilà, je suis allé voir "Le Blues d’la Métropole" avec mes yeux de théâtre musical, après quoi je peux maintenant affirmer que cette production tombe dans la catégorie "spectacle musical".
J’ai beaucoup aimé les décors interchangeables!!! Magnifique! Et même les commentaires des comédiens en s’y rapportant, lors des déplacements: "C’tu moi ou l’escalier bouge?" -dit par Marc (aka Carl Poliquin) alors un peu soul. C’est le genre de détail qui me fait rire, parce que oui en tant que public on est très conscient quand des acteurs manipulent des murs ou des tables sur scène! Je ne sais pas si c’était un élan d’improvisation, ou bien si c’était écrit dans le scénario, ou bien si ça vient de la mise en scène de Serge Denoncourt… mais bon! Chapeau pour ces détails!
Bravo aux danseurs qui du début à la fin n’ont jamais perdu leur énergie aussi débordante!!! (Samuel Chouinard, Sasha Kozack, Josh Assor, Pierre Bouthillier, Saxon Fraser, Shana Troy, Amy Gardner) Au départ je les trouvais un peu clownesque par rapport à leurs collègues "comédiens-chanteurs" mais au final, c’est cette énergie là que j’aurais eu le plus envie de voir! Merci Nico Archambault aussi pour les chorégraphies bien signées!
Je ne connais pas les raisons du manque d’énergie des acteurs principaux, mais je l’ai perçu… c’est dommage… sauf pour Sophie Vaillancourt (nouvelle arrivée dans le rôle de Marie-Chantale, la fille qui s’est essayé à HOllywood) qui était plutôt rafraîchissante. Son jeu de comédienne reste encore à aiguiser, pour sûr, mais je trouvais que les chansons tombaient pile-poils dans sa voix, et que probablement à cause de sa nervosité de Première, elle était plus intéressante que d’autres à regarder sur scène!
Celà dit, je vais quand même trouver un point positif à chaque acteur (C’est l’fun en tant qu’artiste avoir une petite tappe dans le dos!… je parle pour moi…)
Normand D’Amour dans le rôle d’Yvon: Bravo pour ton authenticité, on y croit toujours à tes personnages!
Pascale Montreuil dans le rôle de Diane: Vraiment superbe voix, et juste en plus! Et une belle sincérité de jeu. Carl Poliquin dans le rôle de Marc: Ta précision de jeu! On te suit et on te comprend!
Sophie Vaillancourt dans le rôle de Marie-Chantale: Je t’ai déjà flatté, c’est assez… hahahaha
David Laurin dans le rôle de François: Ton implication/engagement dans un personnage qui était loin d’être facile à interpréter. Ta fougue de tripple threat!
Marylène Cousineau dans le rôle de Julie: J’aimerais en voir plus; à quand le prochain show?
Éric Paulhus dans le rôle de Paul: Sur la même ligne que Normand D’Amour: belle authenticité: on y croit!
Alors voilà, un spectacle quand même divertissant qui saura plaire aux éternels amateurs de Beau Dommage ou des années 70. Les gens ont rit, applaudit et se sont levé debout à la fin pour les rappels… c’est toujours bon signe!! Quoique… le rappel était un peu long… je me dois de le dire.
Merci pour l’aventure!!
Isabelle Giroux
comédienne-chanteuse-danseuse


